Le monde tel qu’il va et le mystère de la foi sont moins incompréhensibles avec la figure du diable que sans elle. En considérant la démesure du mal à l’aune de l’histoire récente, le christianisme ne peut se passer de la figure du diable s’il souhaite véritablement parler du monde tel qu’il va. la théologie a une autre bonne raison de ne pas s’en tenir à un discours « démythologisé » sur le mal originel qui évacuerait la figure du diable : le Nouveau Testament, indissociable de la tradition liturgique et théologique ultérieure, lui réserve une place trop considérable pour qu’elle puisse tout à fait la passer sous silence.
Bourgine, B. (2017). Le démon pour raison garder. In Bourgine, Benoit; Famerée, Joseph; Scolas, Paul (ed.), En finir avec le diable ? (pp. 149-170). Academia L’Harmattan. https://hdl.handle.net/2078.5/222749