En étudiant les théories de l’action collective, notamment avec les classiques comme Olson (1965) ou Knoke (1990), force est de reconnaître que l’idée a priori qui s’impose, sous les traits de l’individualisme rationnel, est qu’agir ensemble dans un intérêt commun est contre nature. L’intérêt individuel est non seulement le point de repère que privilégie les acteurs en situation, mais c’est aussi leur critère de satisfaction après coup. Dès lors, va pour coopérer s’il le faut, mais à condition que chacun y gagne (le fameux win-win) voire qu’au moins celui qui fait son compte y ai gagné quelque chose qu’il n’aurait pu gagner autrement. De cette manière, l’idée dominante est qu’agir collectivement entraîne un surcoût dans la réalisation des objectifs, que cela entraîne donc un risque accru et qu’il faut à la limite anticiper un intérêt pour des bénéfices secondaires, permettant de compenser les risques de cette approche.
Maesschalck, M. (2018). L’impératif de coopération au travail: utopie ou réalité qui nous lie? In Fabien Meurant, Sœur Glac Nghiem, Véronique Daine, et al. (ed.), Un travail qui nous relie: utopie ou réalité? (p. p. 129-141). Weyrich. https://hdl.handle.net/2078.5/220243