Cette intervention vise à aborder la question de l’anachronisme de l’interprétation à travers l’idée d’(in)intelligibilité des concepts telle qu’elle a été articulée au sein d’une ligne wittgensteinienne de l’éthique représentée par des auteurs divers comme Cora Diamond, James Conant, Iris Murdoch, Elizabeth Anscombe, Stanley Cavell. À travers cette ligne philosophique on peut établir un lien entre l’idée d’(in)intelligibilité des concepts, la réflexion philosophique et l’idée de transformation des formes de vie. Dans cette intervention nous analysons ce lien en suivant deux directions : 1. L’inintelligibilité de certains concepts considérée comme diagnostic philosophique à l’égard d’une forme de vie, produisant une forme de critique de celle-ci ; 2. La responsabilité de la réflexion philosophique dans le fait que certains concepts deviennent (in)intelligibles. La réflexion sur l’(in)intelligibilité des concepts permet d’interroger la conception de la philosophie comme pratique interprétative, ouvrant à une conception de la philosophie non tant comme analyse et « correction » de concepts (une conception qui anime des approches de la philosophie analytique comme le conceptual engeneering), mais comme exploration de nos pratiques linguistiques qui manifeste une dimension de critique tout en demandant une forme de responsabilité épistémique.
Boldrini, M. (2023). (In)intelligibilité des concepts, philosophie et formes de vie : une perspective wittgensteinienne. Interpréter. Comment lire au présent ?, Centre Prospero - UCLouvain Saint-Louis Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/219126