Jeanne de Brabant (1322-1406) à travers ses terres. 84 ans de voyages dans les principautés des Pays-Bas

(2024) Mobilités et échanges dans l’espace rhéno-mosan (IXe-XVe s.)/Mobilität und Austausch zwischen Rhein und Maas (9.-15. Jh.) — Location: Namur (11.April.2024)

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En tant que fille de duc, épouse de comte, puis duchesse par héritage, Jeanne de Brabant était destinée à vivre de façon itinérante comme tous les membres de la haute noblesse seigneuriale de la fin du Moyen Âge. Pourtant, dès le début XIVe siècle, les ducs de Brabant favorisent la ville de Bruxelles qui devient, progressivement leur capitale, au détriment de Louvain, leur terre d’origine. Représentante de cette stabilisation du pouvoir autour d’une ville, Jeanne est née, en juin 1322, et décédée, en décembre 1406, dans cette capitale. Toutefois, entre ces deux dates, ses déplacements furent nombreux. D’abord en tant que comtesse de Hainaut, Hollande et Zélande, puis en tant que douairière, la jeune femme faisait des allers-retours au gré de la politique, de ses loisirs et de ses pratiques religieuses. Ensuite, après son remariage, et surtout au décès de son père Jean III, elle devient duchesse de Luxembourg, de Brabant et de Limbourg et marquise du Saint-Empire, et ses voyages sont alors rythmés par les guerres, les grands évènements sociopolitiques et quelques moments de repos ou de pèlerinage. Ainsi, cette princesse au cœur de la politique des principautés des Pays-Bas au XIVe siècle accumule des milliers de kilomètres, avec une plus ou moins grande suite, en des circonstances très variées. La guerre de succession de Brabant la pousse à fuir à Bois-le-Duc (Pays-Bas), dans le nord du duché, alors que, lors des conflits avec la Gueldre à la fin du siècle, elle accompagne l’armée le plus loin possible (Maastricht) pour montrer son soutien à ses hommes. Elle participe à de nombreux tournois sur ses terres, comme sur celles de ses beaux-frères et de ses sœurs (comté de Flandre, duché de Gueldre, etc.), mais aussi à des cérémonies religieuses et des pèlerinages (Hal, Tournai, Amiens, etc.). En tant que femme, elle est appelée à intercéder pour la paix dans des conflits entre d’autres princes et rois, et est présente aussi à plusieurs négociations politiques (Cambrai, Reims, etc.). Cependant, elle garde comme résidence principale le château du Coudenberg à Bruxelles et se retire régulièrement à Binche, dans son douaire de Hainaut. Jeanne de Brabant est donc une princesse de son temps, à cheval sur l’ancien régime d’itinérance des princes et le système naissant de capitale. Quels sont les facteurs qui ont influencé cette évolution ? La mutation sociale était-elle la raison principale de ce changement, ou doit-elle être combinée à la politique du moment, l’âge et la santé de la princesse, ou la vie sociale princière ? À travers des outils de représentation graphique, il s’agirait de caractériser encore davantage ces déplacements et leur évolution (fréquence de passage, moments privilégiés de déplacement, distances parcourues, diversité des territoires visités, etc.). L’analyse porterait ainsi sur les déplacements de la duchesse de Brabant en cumulant des facteurs analytiques divers pour permettre une compréhension approfondie des mouvements, de leur raison d’être et de leur fonctionnement (moyens de transports, personnes présentes, durée, distance, route choisie, etc.).
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Rutsaert, C. (2024). Jeanne de Brabant (1322-1406) à travers ses terres. 84 ans de voyages dans les principautés des Pays-Bas. Mobilités et échanges dans l’espace rhéno-mosan (IXe-XVe s.)/Mobilität und Austausch zwischen Rhein und Maas (9.-15. Jh.), Namur. https://hdl.handle.net/2078.5/217453