Les grands textes internationaux en matière de droits fondamentaux protègent tout autant la liberté de religion que la liberté plus large de pensée et de conscience, mettant sur le même pied croyances religieuses et convictions athées. Pourtant, la jurisprudence internationale en la matière est longtemps restée presque exclusivement concentrée sur des contestations liées à la pratique religieuse. Mais, comme le montre cet article, depuis les années 2000, plusieurs évolutions ont modifié cette situation. Pour comprendre cette évolution, le texte commence par retracer l’origine de la protection de l’athéisme en droit international des droits de l'homme. Il examine ensuite les transformations et implications de cette protection. Il met surtout en lumière l’évolution de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, marquée par l’importance conférée au concept de pluralisme, la reconnaissance d’un devoir de neutralité de l’Etat en matière religieuse et l’affirmation de la notion de liberté négative de religion.
Ringelheim, J. (2011). Athéisme et liberté de conscience en droit international des droits de l’homme. Quaderni di Diritto e Politica Ecclesiastica, 1, 33-49. https://hdl.handle.net/2078.5/216726 (Original work published 2011)