D’ici à 2050, la population des plus de 80 ans va plus que doubler dans la plupart des pays européens1. Il en résultera une augmentation du nombre de personnes souffrant de maladies chroniques productrices de dépendance fonctionnelle avec, comme conséquence, une hausse des besoins en soins de longue durée. Pour faire face à cette situation, il est urgent de développer des mesures qui permettent de réduire la prévalence de ces maladies, d’en ralentir l’évolution et de retarder la survenue de la dépendance fonctionnelle. Devant la demande croissante d’aide à la dépendance, deux questions se posent : qui va payer ? qui va fournir cette aide ? Cette dernière question est d’autant plus pertinente que l’on doit s’attendre à une réduction du nombre d’aidants informels et il n’est pas certain que l’offre d’aide formelle puisse compenser cette réduction. Une réponse mal dimensionnée à la dépendance des personnes âgées peut avoir des conséquences néfastes. Dans cet article, nous analysons le rôle des trois principales institutions qui financent et fournissent l’aide à la dépen- dance, à savoir par ordre décroissant d’importance la famille, l’État et le marché, et ce, dans une perspective européenne. Nous plaidons pour le développement d’une assurance dépendance qui ait la généro- sité et l’universalité de l’assurance maladie.
Pestieau, P. (2024). La dépendance en Europe : perspectives. Revue d’économie financière, 152(4), 15-26. https://hdl.handle.net/2078.5/215312 (Original work published 2024)