(fr) Des tragédies antiques à l’art contemporain, la guerre a toujours fait l’objet de représentations. À l’époque moderne, l’art de la guerre est marqué par l’humanisme et le développement des sciences mathématiques qui se manifestent dans les innovations tactiques et techniques. Née en Italie en réponse aux progrès de l’artillerie, la fortification bastionnée au tracé géométrique commence à se répandre dans toute l’Europe au milieu des années 1530 grâce à l’emploi généralisé des ingénieurs italiens. Ces changements dans l’art de la guerre passent également par une nouvelle circulation des idées et des images, rendue possible par le développement rapide de l’imprimerie. Ce sont ces images imprimées, particulièrement les frontispices introduisant les traités de fortification que la thèse interroge à travers une analyse iconographique et iconologique dans le but de comprendre la place qu’occupent ces images encore méconnues dans la culture visuelle de la guerre à l’époque moderne. Grâce à une approche comparative entre le corpus et d’autres typologies d’ouvrages ainsi qu’un ensemble d’images relatives à l’art de la guerre qui se propagent au-delà du livre et de l’imprimé, la thèse démontre que l’image de la guerre véhiculée par les frontispices des traités de fortification est celle d’une science mathématique, expression de l’humanisme militaire, où la violence est contrebalancée par l’harmonie de la géométrie ; une science de l’ingénieur, homme de cour et homme de terrain, acteur clé dans l’exercice du pouvoir ; une science du territoire liée à la cartographie où la représentation joue un rôle primordial et conditionne à son tour d’autres images.
Affiliations
UCLouvainSSH/INCA - Institut des civilisations, arts et lettres
Citations
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Chicago
FWB
Schreuder, D. (2024). Le compas, la pelle et le canon : l’art de la guerre dans les frontispices des traités de fortification (c.1550-c.1750). https://hdl.handle.net/2078.5/213578