Bien que la systémique, la pensée complexe ou la théorie de l’acteur-réseau aient acquis une certaine légitimité, les articulations entre « pensée simplifiante » et « pensée complexe » restent peu explorées. Les conditions d’application d’une pensée véritablement systémique restent donc incertaines, et il apparaît nécessaire d’approcher empiriquement la question des objets et de leur mise en réseau si l’on souhaite les mettre en lumière. Partant d’un cadre épistémologique spécifique fondé sur une anthropologie de l’espace, nous investiguons dès lors un cas d’étude : l’agglomération bruxelloise. Nous montrons en quoi cette mise en situation permet d’éclairer les apories d’une vision purement théorique et techniciste de la systémique. Et nous lui substituons un précepte méthodologique mieux à même de rendre compte de l’impact de certains référents dans nos modes d’appréhension du réel. / Systemic, complexity theory and actor-system dynamics theory have gained some legitimacy. However the articulations between “simplifying thought” and “complex thought” have been little explored. The modalities of application of a truly systemic thought are therefore uncertain and it seems necessary to start an empirical study on objects and their networking in order to highlight them. Starting from a specific epistemological framework based on an anthropology of space, we thus investigate a case study: the Brussels urban area. We show how this scenario sheds light on the weaknesses of a purely theoretical and technicist systemic. And finally we propose a methodological precept better able to account for the impact of the referents in our manner of understanding reality.
Roland, L. C. (2011). Épaisseur empirique, le tiers état : De la symétrie entre pensée complexe et pensée simplifiante. Acta Europeana Systemica, 1, 10. https://hdl.handle.net/2078.5/210070 (Original work published 2011)