Entendu comme un motif ayant la forme d’un cadre ornemental entourant un compartiment libre, destiné à recevoir des inscriptions, le cartouche connaît un succès retentissant dans l’art et la décoration des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Ne cessant d’être adapté aux situations les plus variées, d’être interprété par l’imagination des artistes au gré de l’évolution du goût et des styles, le motif constitue un merveilleux laboratoire pour explorer la vie des formes. Parallèlement, le cartouche est également un motif qui permet d’aborder la question de l’origine des motifs ornementaux, autrement dit celle de la nature imitative, ou non, de l’ornement. Cette question, que nous aborderons dans cette communication, trouve ses racines dans l’Antiquité et resurgit ci et là dans la théorie de l’art depuis la Renaissance à travers la vaste problématique de la mimèsis et la question de l'inventio qui lui est liée. Elle trouve aussi, sans doute parce qu’elle relève des arcanes de la création artistique, un large champ de réflexion chez les premiers historiens de l’art, dont Riegl est l’illustre représentant. Partant de la définition qu’en proposent les dictionnaires dès le XVIIe siècle comme le support de l’inscription, et plus précisément comme la représentation de ce dernier (papier, carte, rouleau), nous nous attacherons plus particulièrement, à travers un échantillon d’œuvres graphiques, aux formes multiples qu’il recouvre dans l’art des XVIe et XVIIe siècles tout en les considérant à la lumière des diverses fonctions assumées par le motif.
Heering, C. (2011). Le cartouche et la question de l’origine des motifs. Questions d’ornements (XVe-XVIIIe s.). 2. Peinture et arts graphiques, Louvain-la-Neuve, UCL. https://hdl.handle.net/2078.5/205943