Jamais nous n’avons été plus endettés, jamais pourtant nous ne nous sommes moins sentis redevables. Ce paradoxe de notre temps méritait bien quelques éclaircissements. En portant un regard critique sur la dette qui, au prisme de la philosophie et non de l’économie, s’attache à éclairer la réalité de sa crise actuelle par la crise structurelle de son concept, c’est la tâche que nous nous proposons. Mais c’est autant sur la philosophie que sur la littérature que nous nous appuyerons, les grands penseurs s’endettant les uns vis-à-vis des autres sans généralement penser l’endettement. Présenter l’essence de la dette nous fait d’abord soutenir que la dette ne suit pas plus d’un don que le devoir ne suit d’elle. En préciser le sens nous fait ensuite reconduire les dettes mondaines à la dette humaine, celles que l’on doit acquitter et celle que l’on peut honorer.
Perrin, C. (2016). « La dette : réalité de sa crise et crise de son concept ». Phaenomenologische Forschungen, ?(?), ? https://hdl.handle.net/2078.5/200828 (Original work published 2015)