Un homme pieux devenu aveugle à cause de fientes d’oiseaux, un démon jaloux tuant des fiancés en série, un ange un peu roublard qui cache son identité, un chien fidèle trottant derrière son maître, des familles dans la peine ou dans la joie, et puis des larmes, encore des larmes ! Du livre de Tobit, chacun garde un vague souvenir édifiant ou une image attendrissante. Mais ce petit roman, transmis sous des formes textuelles multiples (araméen, hébreu, grec), reste peu lu et encore moins commenté. Cinq exégètes ont ouvert ce livre à frais nouveaux et l’ont patiemment scruté. L’originalité de leur démarche ? Ils sont tous formés à l’analyse narrative ; l’interprétation qu’ils proposent est le fruit d’une véritable lecture commune ; enfin, ils commentent le «texte (grec) court» de Tobit, alors que la quasi-totalité des traductions et des études optent pour le «texte (grec) long». Les aventures du jeune Tobie s’y révèlent comme une voie à la fois simple et profonde pour accéder à l’art du récit biblique, pour goûter le plaisir de la lecture et — qui sait ? — peut-être aussi, pour trouver ou retrouver le bonheur de vivre. La lecture narrative du livre est suivie de brefs essais plus ciblés (sur le narrateur, le personnage de Raphaël, l'intertextualité avec la Genèse et la structure rhétorique des prières), de la traduction littérale du livre biblique et d'une bibliographie commentée.