Comment juger les œuvres d’art aujourd’hui ? Nos jugements sur les œuvres sont-ils purement subjectifs ou peuvent-ils prétendre à une certaine universalité ? Pour tenter de répondre à cette question – ou du moins en cerner les contours – je présente puis discute deux types de relativismes qui se rejoignent dans l’idée que « tous les jugements esthétiques se valent ». Le premier (que l’on pourrait appeler relativisme contingent) s’appuie sur l’état actuel de la création : l’aspect protéiforme de l’art contemporain rendrait toute tentative de catégorisation ou d’évaluation impossible. Pour le second (le relativisme absolu), en revanche, il serait intrinsèquement impossible d’estimer la valeur d’une œuvre d’art puisqu’un jugement est toujours partial, quel que soit l’état de la création. Je met ces deux relativismes en regard de deux thèses : la première, développée par Nathalie Heinich dans son dernier livre, veut que l'on considère l’art contemporain comme un nouveau paradigme ; la deuxième étant l’hypothèse kantienne d’une universalité subjective du jugement esthétique.
Angelini, C. (2014). Comment juger l’art à l’heure de la singularité des œuvres et de la pluralité des pratiques ? Pluralité des arts, singularité des oeuvres, Louvain-la-Neuve. https://hdl.handle.net/2078.5/197706