L’Education du Patient vise, par des activités de sensibilisation, d’information, de formation, d’aide à l’apprentissage de capacités et compétences et de soutien psychosocial, à aider les patients à participer aux soins, prendre leur place dans la prise en charge de leur maladie, trouver l’autonomie et l’adaptation nécessaire à une vie satisfaisante avec la maladie. La mise en œuvre de l’Education du patient se traduit par une variété de pratiques, parfois « contradictoires », tant parmi les soignants que chez un même soignant. Une recherche inductive vise à mieux comprendre ce qui au niveau des représentations peut expliquer ces observations afin de permettre une meilleure cohérence des actions éducatives. Le cadre théorique construit au fil des analyses sera présenté et soumis à discussion. Ce cadre a été construit sur base d’une méthode mixte associant une recherche qualitative exploratoire, une quantitative confirmatoire (des tendances apparues lors de la phase exploratoire) et une recherche qualitative (visant à affiner les explications et le cadre théorique). Eu égard à la proximité de nos catégories avec celles de la représentation de la situation d’Abric, notre cadre propose une adaptation de cette dernière. Selon Abric, différentes représentations (Soi, la tâche, le contexte, le patient, auxquelles nous ajoutons Soi par le patient) constituent la représentation de la situation. Un type de représentation sera plus ou moins prépondérant dans la représentation de la situation. Cette dernière conduit à la mise en œuvre d’une pratique. Le cadre inclut dans son essai d’explication : 1) une représentation de la tâche de type « santé psychique subjective », de type « bien-être » (à côté des modèles classiques de santé : biomédical et global), 2) une représentation de soi oscillante entre soignant, éducateur et soignant-éducateur. Ces oscillations sont déterminées par les représentations du contexte (temps restant de prise en charge, objectifs du service) et les représentations du patient (nature de sa demande, état de santé jugé guérissable) et 3) l’importance déterminante de l’idée que le professionnel se fait de la représentation d’un « bon soignant » par son patient, 4) le rôle favorisant du contexte organisationnel ou la marge de liberté dont dispose le professionnel à l’égard de ce dernier, dans l’apparition de pratiques éducatives.
Roussel, S., & Deccache, A. (2014). « Modélisation » de l’influence des représentations des soignants sur leurs pratiques d’Education du patient. 28th International congress of applied psychology- From crisis to sustainable well-being, Paris. https://hdl.handle.net/2078.5/197457