Comment peuvent se conjuguer procès de civilisation et phénomènes de décivilisation ? Le nazisme constitue-t-il une rupture dans un processus linéaire ? À ces questions, Norbert Elias a tenté de répondre de manière nuancée, en particulier dans le der- nier ouvrage paru de son vivant, Studien über die Deuschen. Il puise dans l’histoire longue de l’Allemagne, réfléchit à ce que pourraient être habitus et ethos germaniques, étudie la place qu’y occupent la violence, les codes d’honneur et la faiblesse de l’État. En bref, le sociologue tâche de décrire une personnalité sociale allemande, tout en la situant dans une comparaison avec d’autres nations et surtout sans verser dans le jugement moral. Dans cet article, Florence Delmotte suit ce dernier opus, analyse ses hypothèses en regard de l’œuvre dans son ensemble, et en discute les diverses interprétations.
Delmotte, F. (2010). Une théorie de la civilisation face à “l’effondrement de la civilisation”. Vingtième Siècle : revue d’histoire, 106(2), 54-70. https://doi.org/10.3917/vin.106.0054 (Original work published 2010)