Dans cette contribution, j’interroge la fabrication de la posture de l’écrivain et critique littéraire flamand Paul de Wispelaere (1928), que l’historiographie littéraire présente traditionnellement comme un fervent propagateur non seulement de l’existentialisme français, mais aussi du structuralisme et surtout du nouveau roman dans les lettres de Flandre des années 1960 et 1970 . Si cette image auctoriale peut se révéler véridique, Bart Vervaeck (2003) a démontré que, dans ses ouvrages critiques majeurs , Paul de Wispelaere aura été bien plus sartrien et bien moins structuraliste qu’il ne le prétendait rétrospectivement, par exemple dans l’ouvrage Tekst en context (1992). Cet article souhaiterait plus particulièrement confronter la posture complexe de Paul de Wispelaere à la figuration auctoriale telle qu’elle a été mise en scène par l’auteur lui-même dans son journal d’écrivain Paul-tegenpaul (1970), qui couvre les années 1969 et 1970. Si la mise en contraste des ethè respectifs permet de nuancer l’inscription de l’écrivain, en tant que personnage public, au sein d’une trajectoire institutionnelle bien déterminée, cette contribution permet en outre de mesurer la représentativité de l’ouvrage – dans sa singularité générique – aux diverses convictions poétologiques défendues dans les écrits critiques de De Wispelaere.
Sergier, M. (2015). Du « Nouveau Roman » au « nieuwe journaal ». La fabrication de la posture chez Paul de Wispelaere. Textyles : revue des lettres belges de langue française, 46(46), 93-107. https://hdl.handle.net/2078.5/193195 (Original work published 2015)