La rumeur du silence : violences, subjectivités et vivre-ensemble dans le Nord-Est du Guatemala

Simon, Saskia
(2015)

Files

thèseSSIMON.pdf
  • Restricted Access
  • Adobe PDF
  • 9.49 MB

Details

Authors
  • Simon, SaskiaUCLouvain
    author
Supervisors
Servais, Olivier
Abstract
(fr) Ma thèse aborde la question de la violence à partir de son expérience par les habitants de la région de Quirigua, dans le Nord-Est du Guatemala. Partant d’une ethnographie du vivre-ensemble interrogeant la construction du lien social ainsi que celle d’une reconnaissance réciproque comme mode mineur de l’identité collective (première partie), je pose la question de la construction d’un sujet collectif au sein d’une expérience de violences. C’est la parole qui noue les liens mais l’expérience partagée (transe évangélique, etc.) qui fonde la reconnaissance mutuelle, au-delà même des liens qui peuvent être rompus. Le collectif est un tissu dont les paroles sont les fils dessinant des lignes mouvantes gravitant peu ou prou autour des leaders qui cherchent à les rassembler. La matière des fils, qui donne non plus la forme mouvante du tissu mais sa texture, est déterminée par l’expérience partagée des habitants. La parole donne la forme toujours floue et mouvante, l’expérience commune la texture plus stable et reconnaissable. Au-delà des liens plus ou moins éphémères et solides qu’ils peuvent nouer, les habitants reconnaissent chez les autres la matière dont ils sont tous formés, leur commune expérience. Plus le degré d’expérience partagée est important (même expérience religieuse, même histoire d’un village, même expérience d’emploi, etc.) plus la reconnaissance mutuelle est importante et proche de l’identité. Dans la seconde partie, je pars des différentes formes d’expression des souffrances par les habitants pour mettre en exergue la manière dont la violence peut porter atteinte aux subjectivités individuelles en permettant ou interdisant certains modes d’expression. Le flou apparait dans ce contexte comme une manière de résister à la censure imposée par la violence des puissants en permettant d’exprimer quelque chose tout en se protégeant. Discours institués, flou et tactiques du discours, histoires d’horreur, religions et corps, tous sont des voix par lesquelles les souffrances trouvent un exutoire. Plus largement, ma thèse interroge les liens entre le sujet et le pouvoir et la manière dont le premier peut être atrophié par le second, entendu à la fois comme ce qui se construit dans les relations intersubjectives et ce qui est plus largement détenu par une élite dominante.
Affiliations

Citations

Simon, S. (2015). La rumeur du silence : violences, subjectivités et vivre-ensemble dans le Nord-Est du Guatemala. https://hdl.handle.net/2078.5/191920