(2015) Conférences de l’académie d’art d’Uccle — Location: Bruxelles (12.February.2015)
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Lebedev, OlegUCLouvain
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La communication développe certains thèmes de D.H. Lawrence tirés de ses "Promenades étrusques". En particulier, on insiste sur l'une des principales caractéristiques de l’art étrusque : la recherche d’une beauté simple, naturelle et comme physique, témoignant de la négligence et de la plénitude de vie de ce peuple dont on sait si peu, et dont Lawrence reconstruit pourtant le rêve à partir de fragments glanés au hasard. A partir d'une telle reconstruction, nous tirons toutes les conclusions nécessaires du point de vue d'une opposition (esthétique aussi bien que politique) des Étrusques aux autres civilisations. Là où ces dernières adorent les grands édifices en pierre, les Etrusques considèrent qu’il vaut mieux que la vie demeure fluide et changeante plutôt que d’essayer de se figer dans de lourdes architectures. Les pesantes constructions des hommes ne sont que fardeaux pour la terre. D'où la fascination de Lawrence pour les productions de l’homme qui sont fraiches et sans prétention. Il semble qu’il y ait eu en effet chez les Etrusques un instinctif et réel besoin de conserver à la vie une sorte d'humour naturel. Ce qui à coup sûr, est une tache plus méritoire et même plus difficile, en fin de compte, que de conquérir le monde, de sacrifier son être, ou de sauver son âme immortelle. Pourquoi l’homme éprouve-t-il un tel besoin d’être dominé par les sentiments de culpabilité et de honte ? Pourquoi ce désir d’imposer des dogmes, d’imposer des actes, d’imposer des monuments indestructibles, d’imposer des langues et des œuvres d’art ? Les Etrusques croient que toute chose imposée finit par nous lasser. Ils rêvent des choses vivantes et mouvantes, des choses qui ne durent pas trop longtemps, ou qui, si elles durent, persistent dans une sorte de fragilité qui ne deviendra jamais un obstacle.