Si l’on suit Ampelius, les comices curiates se prononçaient sur des questions relevant de la norme, "traditionnelles et habituelles". Parmi celles-ci figurent la confection des testaments, l’inauguration de prêtres, l’adrogatio et la detestatio sacrorum qui correspondaient à des pratiques récurrentes. Si la pauvreté de la documentation ne permet guère d’investigation poussée dans ces matières, quelques données acquises et hypothèses peu connues seront cependant brièvement présentées. Quant à la lex curiata liée à l’investiture des magistrats, votée chaque année, elle est un peu moins mal connue. Outre quelques passages théoriques ou faisant allusion à une norme partagée, on dispose de quelques extraits portant sur des exemples concrets. Ces exemples, datables entre 63 et 43 a.C. ont retenu l’attention des auteurs anciens, précisément parce que la procédure habituelle, la norme, n’avait pas été respectée, voire avait été bafouée ou instrumentalisée durant cette période troublée. Une nouvelle hypothèse sur la fonction de la lex curiata des magistrats permet de revisiter ces quelques cas, qui constituent autant d’entorses à une norme profondément ancrée. Tout manquement à cette loi pouvait dès lors être dénoncé ou brandi comme une arme politique durant les dernières décennies de la République.
Van Haeperen, F. (2017). Les comices curiates, une assemblée garante de la norme ? In T. Itgenshorst et Ph. Le Doze (ed.), La norme sous la République et le Haut-Empire romains. Elaboration, diffusion et contournements (pp. 389-397). https://hdl.handle.net/2078.5/188430