(fr) Au Chili, la consommation d'énergie est influencée de façon non négligeable par le secteur résidentiel avec 21 % de la consommation totale du pays. D'après les chiffres publiés par CDT (2010), 56 % de l'énergie résidentielle est destinée au système de chauffage. Pour cette raison, le Gouvernement chilien a pris des mesures concrètes visant à améliorer l'enveloppe thermique des logements et ainsi à diminuer leur importance sur la consommation finale. Lorsque des mesures pour renforcer l'efficacité énergétique des bâtiments sont mises en oeuvre, il est nécessaire de les évaluer afin de déterminer si elles génèrent les économies attendues. À cet effet, les modèles de calcul semblent être de bons outils pour les étudier. Cependant, la littérature internationale montre qu'il existe des différences significatives entre les calculs théoriques, couramment utilisés et les informations collectées sur le terrain. Cela s'explique, en partie, par le fait que la relation "énergie - bâtiments - climat" est une réalité complexe à modéliser. Ainsi, il semble que pour tenter de simplifier cette relation, on ait sous-estimé l'action que certaines variables peuvent avoir sur ce lien, tels que les effets des occupants dans l'utilisation de l'énergie. En outre, les inputs utilisés dans les modèles de calcul sont des données standardisées, qui représentent rarement la situation locale. Ces différences entre les consommations prévues et mesurées sont également observées au Chili. C'est pour cette raison nous devons élargir nos connaissances des facteurs qui influent directement sur la consommation d'énergie résidentielle. L'objectif principal de cette thèse est donc de proposer un modèle de calcul qui permette de réduire les écarts entre les moyennes des consommations d'énergie annuelles théorique et mesurée pour le chauffage d'un ensemble de maisons chiliennes. Pour ce faire, la recherche se base sur l'hypothèse que, en intégrant les habitudes d'utilisation effective de chauffage et de ventilation, il est possible de diminuer l'écart entre la consommation moyenne théorique et mesurée d'un ensemble de logements. Ainsi, la recherche vise à contribuer aux connaissances sur la façon dont les gens utilisent l'énergie pour le chauffage de leur maison et la façon dont ces informations peuvent être transférées et intégrées dans des modèles de calcul. Sur cette base, les trois questions de recherche sont les suivantes: Dans quelle mesure l'intégration des modes d'utilisation des systèmes de chauffage et de ventilation contribue à réduire la différence moyenne entre la consommation théorique et la consommation basée sur la réalité? Dans quelles circonstances est-il possible de généraliser le modèle de calcul développé afin d'étudier d'autres contextes dans le pays? Quelles sont les relations spécifiques entre les modes d'utilisation de l'énergie et le fait de pouvoir atteindre un niveau de confort suffisant? Afin d'avoir une base théorique sur laquelle prendre appui, une revue de la littérature existante est présentée, en discutant, à la fois le contexte national et international par rapport à la modélisation de l'énergie de chauffage résidentiel. En outre, la relation entre le comportement des occupants et l'utilisation de l'énergie est exposée et la théorie sur la prédiction du confort thermique est examinée. Pour donner des réponses aux questions de cette recherche, un modèle de simulation énergétique résidentiel a été créé. Ce modèle a été conçu de manière à pouvoir intégrer les particularités de l'utilisation des systèmes de chauffage qui utilisent le bois comme combustible, sachant que la plupart ne disposent pas d'un thermostat, et de la ventilation naturelle, sachant que le renouvellement du volume d'air se fait manuellement à travers diverses surfaces de ventilation, telles que les portes ou fenêtres. Afin d'ajuster le modèle, une base de données d'un projet récemment réalisé dans la ville de Talca a été utilisée. Finalement, un autre ensemble de maisons situées dans trois villes du sud du Chili a été utilisé pour réaliser la validation du modèle.
Rojo, C. (2016). MCH, un modèle de calcul pour mieux évaluer la consommation énergétique réelle des logements au Chili. https://hdl.handle.net/2078.5/185067