La sémiotique est la discipline qui analyse les signes, les systèmes de signes (la langue verbale et les autres systèmes de signification) et la production de sens. Parmi les différentes courants et écoles sémiotiques et sémiologiques existantes, nous présenterons ici des réflexions inspirées particulièrement par la tradition de l’École de Paris, animée par Algirdas Julien Greimas jusqu’aux années 1990, et qui a laissé un héritage important, incluant des variations selon les auteurs1. L’objectif principal de l’approche sémiotique ici proposée est l’étude des liens entre des expressions sémiotiques (des configurations signifiantes) et des configurations de signifiés qui sont (probablement) liées à ces expressions. Selon van Leeuwen (2005, p. 4), il s’agit d’étudier le « potentiel sémiotique » (de signification) des « ressources sémiotiques » (les signes utilisés). Ce type d’étude des objets signifiants permet de comprendre l’influence potentielle des dispositifs sémiotiques sur les pratiques de construction et circulation de sens. Une caractéristique d’une approche sémiotique est la prise en compte des textualités multimodales, qui incluent le verbal et d’autres systèmes sémiotiques. Une autre caractéristique est sa capacité à entrer dans des dispositifs méthodologiques plus larges (incluant enquêtes, interviews, observation), pour connecter l’analyse des potentialités sémiotiques avec les parcours interprétatifs et la production de sens située. La sémiotique se propose de contribuer à augmenter l’intelligibilité des formes de la communication environnementale, définie par Cox et Pezzullo (2016, p. 28) comme « le support pragmatique et constitutif de notre compréhension de l’environnement et de notre relation avec le monde naturel ; c’est le medium symbolique que nous utilisons pour construire les problèmes environnementaux et pour négocier les différentes réponses de la société à ces problèmes » (notre traduction). Il s’agit donc d’analyser et de comprendre des textualités et discours qui expriment et influencent (dans une relation évidemment complexe) les cadres culturels et pratiques de notre relation à l’environne‐ ment et à ses problématiques. L’approche sémiotique se concentre sur différents niveaux d’analyse : ici, nous nous focaliserons sur les niveaux plastique, figuratif‐iconique, discursif, rhétorique, narratif et des valeurs et valorisations, avec quelques exemples.
Catellani, A. (2016). Sémiotique de la communication environnementale. In Libaert, Thierry (ed.) (ed.), La communication environnementale (p. p. 77-94). CNRS éditions. https://hdl.handle.net/2078.5/181912