« Mon parti n’entrera pas dans une nouvelle majorité gouvernementale si une interdiction de l’abattage sans étourdissement n’est pas votée ». Prononcée dans les torpeurs de l’été 2016, la phrase de Bart De Wever (N-VA) a pu passer inaperçue. Si elle peut surprendre – on imagine plus facilement comme préalable de ce parti l’adoption d’une septième réforme de l’État, cette déclaration rend compte des crispations que cette question a pu causer dans le monde politique flamand. Les modalités de mise à mort des animaux a provoqué d’importantes fractures tant au sein du Gouvernement flamand, les deux autres partis de la coalition étant hostiles à l’interdiction, qu’au sein du Parlement, en particulier avec le départ d’un député Groen de son groupe politique pour marquer son désaccord avec la ligne des écologistes peu favorable à cette réglementation. Le sujet rebondit désormais au sud du pays : deux propositions de décret ont été déposées au Parlement wallon qui a décidé, en janvier 2017, de les soumettre à la section de législation du Conseil d’État. Cette étape sera décisive : en effet, l’avis franchement défavorable de cette dernière a contribué à provoquer l’enlisement du dossier en Flandre. Si le Conseil d’État a estimé que les régions étaient compétentes pour interdire l’abattage sans étourdissement, il y a vu une atteinte excessive à la liberté religieuse.
El Berhoumi, M. (2017). Abattage rituel : faut-il sacrifier la liberté religieuse sur l’autel du bien-être animal ? Journal des tribunaux, 1(http://www.justice-en-ligne.be/rubrique366.html), 4 pages. https://hdl.handle.net/2078.5/181767 (Original work published 2017)