La prise en considération des textes littéraires dans l’analyse du phénomène coutumier à la fin de la République amène à repenser la coutume en termes de modes de la relation et, plus globalement, à s’interroger sur l’opportunité d’une approche relationnelle du droit romain. L’analyse du mos et de la consuetudo en termes relationnels démontre qu’à la fin de la République, les substantifs désignaient deux notions encore distinctes, à savoir des modes de la relation. Alors que le mos présente dès l’origine une dimension normative puisqu’il vise un comportement strictement formalisé dans le cadre des rôles sociaux et est le fruit d’une obligation sociale nécessaire, la consuetudo exprime d’abord la fréquence des échanges sociaux avant de désigner la relation dont elle devient la condition. Cependant, loin d’épuiser les questions relatives à la présence d’un paradigme relationnel, ces approches interrogent sur l’opportunité d’adopter une perspective relationnelle pour interroger ou réinterroger l’élaboration du droit dans le monde antique.
Colpaint, E. (2022). La coutume romaine à la fin de la République : une approche relationnelle. Revue Internationale des Droits de l’Antiquité. Published. https://hdl.handle.net/2078.5/167945 (Original work published 2022)