La question éminemment pertinente à laquelle Karen Bradshaw nous invite à réfléchir, dans son récent ouvrage Wildlife as Property Owners, porte sur les risques d’une mauvaise correspondance des normes. L’autrice, professeure de droit dans l’Arizona, dénonce le fait que la protection de la vie sauvage repose aux États-Unis sur des exigences de nature législative (statutory protection). Or, la cause fondamentale de la dégradation de la vie sauvage se trouverait dans l’exercice du droit sur la propriété, qui n’est accordé qu’aux personnes. Il y a donc une regrettable « non-correspondance ». La vie sauvage devrait elle aussi avoir accès à la propriété s’il s’agit, dans l’intérêt de tous, de véritablement garantir sa préservation. L’ouvrage de Karen Bradshaw, par son audace et la solidité de son argumentation, plante sans conteste les germes d’une discussion amenée inexorablement à se développer, notamment dans le contexte européen avec le régime Natura 2000. Reste à savoir combien de temps il lui faudra pour, un jour peut-être, véritablement opérationnaliser cette proposition et, de la sorte, transformer le droit. Lire avec attention cet ouvrage est en tout cas un indispensable premier pas.
Misonne, D., & de Clippele, M.-S. (2022). Wildlife as Property Owners. A New Conception of Animal Rights | Karen Bradshaw. Droit et Société, 1(110), 208-210. https://hdl.handle.net/2078.5/165673 (Original work published 2022)