(fr) Plutôt que de subir une nouvelle fin de l’histoire dont l’anthropos serait tout à la fois le responsable principal et le sauveur, le concept de géotemporalité permet une prise de conscience de l’irréductibilité et de la collusion des temporalités et des matérialités terriennes. Nathalie Grandjean, Docteure en Philosophie (UNamur, 2018) et chargée de recherche FNRS au CESIR, présentera, dans un premier temps, des éléments théoriques pour penser les concepts de géotemporalités et les corps climatiques, ancrés dans les écoféminismes et les humanités environnementales. Ensuite, elle présentera les corps climatiques à l’étude dans son projet : les scolytes dans les forêts wallonnes (Condroz-Famenne-Ardenne). Les scolytes ou ips typographes sont des coléoptères parasites de l’épicéa de la famille des scolytidae. Ce sont les plus grand ravageurs forestiers européens. Entre 2018 et 2020, les épicéas ont subi de nombreuses attaques, suite principalement à leur affaiblissement conséquent aux sécheresses. Bien plus qu’une crise sanitaire, la « crise des scolytes » est aussi économique, climatique, mais également celle d’un modèle de gestion forestière, centrée sur la monoculture. En s'appuyant sur les premiers résultats issus des entretiens exploratoires de l’enquête (démarrée en novembre 2021), il semble que ces crises interconnectées mettent le doigt sur des impasses de la temporalité dans la gestion des forêts, ouvrant à la possibilité de la régénération naturelle
Grandjean, N. (2022). Scolytes, crises interconnectées et géotemporalités ; ou comment vivre dans l’Anthropocène. Séminaire du CESIR, USL-B. https://hdl.handle.net/2078.5/164400