Le journal, pas si intime ?

(2012) Écrivains. Modes d’emploi. De Voltaire à bleuOrange (revue hypermédiatique) — ISBN: [978-2-930469-46-1], pp. 200-203, published

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Le journal intime est-il forcément intime ? Si la question semble paradoxale, elle mérite d’être posée : jusqu’à quel point un tel journal peut-il trouver un abri qui le dérobe à la visibilité commnune aux écrits littéraires ? Bien sûr, on peut dans un premier temps songer au carnet caché sous le matelas ou dans un autre lieu gardé secret, se dévoilant exclusivement à l’œil bienveillant de son unique auteur. Déjà là, si les circonstances et les nombreuses précautions pointent vers le caractère résolument intime du journal, le risque de sa découverte et donc de sa publicité existe. La question se corse immanquablement si l’on songe par exemple à ce qu’il advient du journal intime après la disparition de son auteur. Si celui-ci, conscient de l’imminence de sa mort, peut envisager la destruction de son journal, il peut ne pas passer à l’acte, préférant que son écrit demeure intact et lui survive, comme témoin de son existence ou encore mieux : comme retranscription d’une tranche de vie dont, qui sait, des lecteurs à venir pourraient bien s’inspirer. Certains diaristes iront même jusqu’à fournir des consignes testamentaires précises quant au sort à réserver à leur journal.
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Sergier, M. (2012). Le journal, pas si intime ? In Sofiane Laghouati, David Martens & Myriam Watthée-Delmotte (ed.), Écrivains. Modes d’emploi. De Voltaire à bleuOrange (revue hypermédiatique) (p. pp. 200-203). Publications du musée royal de Mariemont. https://hdl.handle.net/2078.5/162518