Étant le lieu par excellence de la représentation du sacré, les festivités religieuses engagent des modes de communication particuliers. Destinés à mettre en présence l’invisible, les dispositifs spectaculaires privilégient des modes de perception visuels et auditifs, mais aussi dans une certaine mesure tactiles et olfactifs, jouant sur une reconfiguration perpétuelle des frontières entre le visible et l’invisible, entre la nature et l’artifice, ou encore entre l’espace représenté et l’espace vécu, suscitant une réaction émotionnelle chez le spectateur. Sur la base d’études de cas particuliers liés à la culture festive jésuite dans les anciens Pays-Bas (canonisation d’Ignace de Loyola et de François-Xavier en 1622 et centenaire de la Compagnie en 1640), il s’agira de comprendre les fonctions et les usages de l’ornement au sein de ces dispositifs, en lui reconnaissant une valeur performative essentielle, capable d’intensifier le pouvoir des représentations et de contribuer à la révélation du sacré.
Heering, C. (2016). L’ornement au cœur de la fête. Aux origines de la Société du spectacle : mise en scène de la religion et du pouvoir à l’âge baroque, Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/127680