Dans la lignée de la publication récente de Véronique Dassié et Manon Istasse (2015), plutôt que d’opposer « objectivation des émotions » du chercheur (Bernard, 2015), considérées comme biais potentiel à l’analyse rigoureuse du terrain (Elster, 2015), ethnographie sensible des émotions et portée heuristique de ces dernières, notre démarche s’inscrit dans « le courant pragmatiste ». Courant au travers duquel s’observe « la réconciliation des émotions avec la raison » (Dassié et Valentin, 2015 ; Damasio, 1995 ; Davies et Spencer, 2010). « Les approches pragmatiques offrent de nouvelles perspectives dans la prise en compte des émotions. En se saisissant de l’expérience, elles ont en effet pour projet d’atteindre au plus près le vécu des individus dans de nombreux domaines » (Dassié et Istasse, 2015). La démarche adoptée a pour ambition de saisir ce que disent les mots, tout autant que les corps et les silences. Outre des terrains de longue durée, dans les recherches ici présentées, les intimités et les secrets, ne se sont donnés à comprendre que par l’implication pleine et entière, en ce y compris émotionnelle et sensorielle, des chercheurs.
Mazzocchetti, J., & Piccoli, E. (2016). Défis méthodologiques, éthiques et émotionnels d’une ethnographie de l’intime, des silences et des situations de violences. Parcours anthropologiques, 11(11), 11. https://doi.org/10.4000/pa.471 (Original work published 2016)