Erôsophie ? Étude sur les conditions de possibilités d'une rencontre véritable : réflexion en miroir sur les concepts de « femme » et de « féminin » à partir de l'œuvre de Michel Cazenave

Diotte Besnou, Elen Dania
(2018)

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  • Diotte Besnou, Elen DaniaUCLouvain
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Counet, Jean-Michel
Abstract
(fr) À la question qui s'impose depuis le début de notre cheminement académique (« Qu'est-ce qu'une femme philosophe ? »), une réflexion autour de la conception de la femme et du féminin cazenavienne offre un espace fécond et ouvert, proposant des pistes d’élaboration de sens d’intérêt. Au-delà de ce qu’elle permet de méditer concernant l'identité féminine, elle ouvre un espace d’élaboration vers une forme d'amour de la sagesse autre que celle proposée par la philosophie académique; une erôsophie. On reconnaîtra dès l'abordage du texte qu’il s’agit d’une thèse à la facture peu académique. De manière globale, on pourrait dire qu'elle manifeste deux intentions. La première est de présenter la conception de la femme et du féminin qui ressort de l'univers discursif cazenavien en s’appuyant sur une démonstration en quatre temps du mythe du féminin érotique (erôstique) qui semble y opérer. La seconde est de s'octroyer, en philosophie, un espace d'élaboration de sens dont la méthodologie permette de méditer les conditions de possibilités d’une rencontre véritable entre divers modes d’être au monde. L'hypothèse de travail voulant qu'un mythe du féminin érotique (erôstique) soit à l'œuvre dans la pensée cazenavienne offre sa pierre de touche à l'exercice de présentation. Alors que les quatre chapitres constituent quatre formes d’argumentaires confirmant l'hypothèse de travail, les données discursives qu’ils articulent permettent d’appréhender la conception de la femme et du féminin cazenavienne. Dans un premier temps, une articulation de la genèse de ce mythe permet de voir émaner du discours cazenavien un argumentaire psychologique. Dans un second temps, la démonstration d'une ontologie féminisée s'appuyant sur le postulat d'un féminin en excès vient servir d'assise à un argumentaire ontologique. Le troisième chapitre articule une hiérohistoire des épiphanies de la déité où s'entrelacent féminité et sacralité, donnant forme à un argumentaire historique. Le quatrième chapitre révèle le point d'ancrage du mythe ciblé en mettant en lumière l'aspect situé du rapport de Michel Cazenave à la femme et au féminin ; en dévoilant comment la différence physiologique fonde l'expérience de l'autre de cet étant humain, un argumentaire physiologique émerge. En ce qui concerne la seconde intention, l'effet des textes constituant les préliminaires et les postliminaires ouvre l'exercice textuel à sa dimension expériencielle, invitant l'étant humain qui les aborde à vivre l'expérience de lecture comme une rencontre véritable. L'approche retenue se caractérise par une éthique relationnelle mettant l'emphase sur la multidimensionnalité et l'aspect partiellement indéfinissable de l'expérience humaine, ainsi que sur l'intermédiateté qui leur est inhérente. Dans une ambiance réflexive unissant une lecture erôstisée du mythe socratique, la métaphore du miroir philosophique et celle des degrés de voiles de la connaissance, le texte doctoral tisse des effets de perspective en appuyant son aspect performatif sur le levier que constitue le binarisme des genres dans l'univers de sens de la langue française. Ses divers degrés de narration tendent à entrouvrir le regard vers des manières autres d'être « présence au monde ». De manière cohérente, on voit le texte se différencier de postures discursives préexistantes (féminisme, gnosticisme, mysticisme) pour s'ancrer dans ce qu'un corps et une présence au monde (présupposés) féminins peuvent se voir associés comme part de flou et de mystère. Ouvert, son positionnement (via celui de la chercheuse) revêt les traits d'une performance symbolique, conjoignant (jusqu'à les confondre ?) l'idée d'une performance corporelle, celle d'un exercice catoptrique et celle d'une fabrication poétique. Unissant (sans les confondre) plusieurs univers de sens, ce texte mobilise la réflexion autour de divers enjeux éthiques simultanément fondamentaux et d'actualité, et ce tant pour les personnes qu'interpelle l'idée d'une éventuelle identité féminine (femme, féminin) que pour celles cheminant au sein de la discipline philosophique (amour, sagesse).
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Citations

Diotte Besnou, E. D. (2018). Erôsophie ? Étude sur les conditions de possibilités d’une rencontre véritable : réflexion en miroir sur les concepts de « femme » et de « féminin » à partir de l’œuvre de Michel Cazenave. https://hdl.handle.net/2078.5/126798