Husserl et Scheler : pour une éthique matérielle

Lorelle, Paula
(2021) Approches phénoménologiques de la matière — accepted/in-press

Files

No attached file found for this publication.

Details

Authors
  • Lorelle, PaulaUCLouvain
    Author
Abstract
En son acception pratique, la matière se fait chez Kant « matière de la volonté », désignant à la fois le sentiment lui-même et son objet ou son contenu déterminé. C’est de ces deux différents points de vue que la matière se trouve exclue par Kant du principe déterminant de la moralité — agir moralement serait agir indépendamment de tout sentiment comme de tout objet, craint ou désiré, susceptible de le causer. Au contraire, l’éthique matérielle telle qu’elle fut conçue par Husserl et par Scheler, doit non seulement puiser ses principes à même la sphère de l’affectivité, mais elle doit qui plus est les puiser à même ses contenus. Non seulement s’agit-il pour la phénoménologie de repenser à nouveaux frais la sphère de l’affectivité au-delà de sa seule dimension sensorielle, mais il s’agit qui plus est de repenser ses contenus et objets au-delà d’une simple détermination a posteriori de la faculté de désirer, comme contenu axiologique apriorique. Seulement, placer la matière de nos affects au fondement de l’éthique, n’est-ce pas la trahir en la réduisant à de nouveaux contenus-de-raison, de part en part axiologiques ? Se posera donc en dernière instance la question de la possibilité d’un dépassement de cette alternative depuis la pensée lévinassienne d’une matière affective qui, pour être au principe même de l’éthique, n’en est pas moins irréductiblement opaque et excessive.
Affiliations

Citations

Lorelle, P. (2021). Husserl et Scheler : pour une éthique matérielle. In P-J. Renaudie et C.V. Spaak (ed.), Approches phénoménologiques de la matière. Editions du CNRS. https://hdl.handle.net/2078.5/123060