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Germigny-des-Prés (45-Loiret). Oratoire. Rapport d’intervention
Rapport réalisé dans le cadre conjoint du projet PDR FRFC T.0222.19 PROMONE (PROduction de MOsaïques dans le Nord de l’Empire carolingien. Le cas de Germigny-des-Prés), PDR FRS-FNRS, avec le Centre européen d’archéométrie de l’ULiège (D. Strivay, L. Van Wersch) et le CEM Centre d'études médiévales d'Auxerre. L’église de Germigny-des-Prés est l’héritière de l’oratoire érigé au début du 9e siècle par Théodulfe (vers 750-821). Les objectifs, problématiques et démarches successivement mises en place sur le site procèdent d’un enchaînement raisonnés, de collaborations et montages budgétaires régionaux et internationaux, d’adaptation itérative et d’affinement des questionnements sur base des données anciennes et des résultats d’enquêtes récentes successives. Celles-ci visent le renouvellement des questions et des perspectives d’étude du site, tout en développant une politique de valorisation du monument, y compris sur le plan local. Les recherches conduites sur le terrain en 2018-2020 participent de cette réflexion globale. Le rapport d’activités (2018-2020) se cantonne essentiellement à leurs résultats mais nous en rappelons les acquis principaux des études préalables (2015-2018). Entre 2018 et 2020, la campagne de sondage a permis de répondre à plusieurs interrogations qui subsistaient depuis la fouille de 1930. La plus importante de ces réponses est la matérialisation de l’absidiole nord du chevet. Jusqu’à présent, selon les auteurs, les hypothèses variaient entre un plan à deux absidioles carolingiennes originelles, entérinant donc les premières conclusions et le plan des fouilles publié dans le Congrès archéologique de 1930, et l’hypothèse d’un ajout postérieur. Les derniers travaux confirment la première hypothèse. Dans l’absidiole même, les sols conservés du haut Moyen Âge ont été observés à 109,82 et 109,54 NGF. Ceux-ci sont datés par 14C de la fin du 8e siècle environ, à l’instar de la structure bâtie. Ces altitudes semblent correspondre au sol identifié à l’intérieur de l’église durant les fouilles de 1930. Des niveaux similaires pourraient donc être préservé alentours. Rare est le mobilier découvert en place. Il reflète néanmoins une part de l’occupation ancienne du site, livrant notamment quelques rares tessons protohistoriques et antiques. Le mobilier devient plus abondant à partir du haut Moyen Âge, on ne s’en étonnera pas, bien qu’une seule strate homogène ait été identifiée pour la période contemporaine du premier état de l’oratoire. Le lapidaire et les TCA sont par contre bien plus représentative du chantier carolingien, et peuvent être corrélées à l’étude historiographique et critique approfondie de l’édifice. À des fins démonstratives, nous en avons proposé trois états reconstitués : l’église relevée en 2016 et 2020 ; l’église postérieure aux premières restaurations médiévales et antérieure à la restauration du 19e siècle ; l’église carolingienne. Nos études ont également permis d’identifier quelques problèmes en matière de conservation. Attirons l’attention sur la présence de salpêtre dans la partie septentrionale de la mosaïque du cul de four qui imposent de rester attentif à l’évolution de cette pathologie qui pourrait causer le décrochement des tesselles et la dégradation de l’œuvre.