Je corrige, j'annote, je souligne, mais apprennent-ils? Optimiser le feedback correctif écrit grâce à l'annotateur MARKIN

Vincent, Arnaud
(2021) Université d’été LUDOVIA#18 — Location: Ax-les-Thermes (23.August.2021)

Files

No attached file found for this publication.

Details

Authors
  • Vincent, ArnaudUCLouvain
    Author
Abstract
Pour les enseignants de langues étrangères, la correction régulière d’expressions écrites est une pratique perçue comme essentielle malgré sa nature chronophage et le constat sur le terrain d’une efficacité pédagogique parfois toute relative pour les élèves qui ne semblent pas – ou peu – apprendre de leurs erreurs. Ce travail de correction peut paraître d’autant plus lourd qu’il est généralement vécu comme une tâche solitaire et qu’il s’accompagne d’une obligation d’égalité de traitement pour tous les élèves, indépendamment du temps disponible, du nombre de copies ou de leur place dans la pile souvent très (trop) conséquente à corriger. Si dans l’idéal chaque élève est en droit de recevoir un feedback détaillé lui permettant non seulement de comprendre ses erreurs mais surtout d’identifier les manières de les éviter dans ses futures productions, dans la réalité, les copies remises aux élèves ne leur offrent que trop rarement un parcours de remédiation taillé sur mesure et dont les étapes leur apparaissent clairement. En lieu et place de ce feedback riche en informations utiles, les rétroactions que les élèves reçoivent se limitent bien souvent à quelques annotations écrites à la main et dans la marge, à des signes et symboles plus ou moins lisibles et des brèves injonctions à retravailler certains points de matière. Dans ce contexte où les contraintes du terrain imposent souvent de s’engager dans une pratique de feedback « a minima », l’exercice de l’expression écrite peut être source d’incompréhension, d’inconfort et de démotivation, à la fois pour les élèves qui ne parviennent pas à dégager des enseignements du feedback remis, mais également pour les enseignants qui consacrent une énergie considérable pour tenter de faire évoluer ceux-là mêmes qui ont le plus de difficultés à traiter les informations reçues au travers de la correction. Pour ces élèves en difficulté, l’erreur n’est pas perçue comme une occasion d’apprendre et d’évoluer, elle a tout au plus une valeur de sanction. Dans cette intervention, je montrerai comment l’annotateur MARKIN pourra être utilisé pour engager chaque élève dans un parcours de remédiation hybride spécifique aux erreurs commises ou aux besoins identifiés par l’enseignant. En combinant MARKIN à des contenus de remédiation en ligne de bonne qualité pédagogique, le feedback produit par cet annotateur permet à chaque élève de comprendre ses erreurs, d’en identifier les catégories et les fréquences, et de suivre une remédiation sur mesure faite d’étapes clairement identifiées. Outre les solutions qu’il apporte aux problématiques soulignées en amont – et sans prétendre qu’il permette de faire disparaître entièrement ces dernières – MARKIN offre d’autres avantages. J’évoquerai notamment son utilisation dans une démarche collaborative entre enseignants et expliquerai comment cette utilisation invite le groupe à co-construire des contenus de remédiation et à repenser le statut de l’erreur, les pratiques de feedback, ou encore la cohérence qu’il est possible d’apporter dans la correction des expressions écrites. Enfin, il sera également question d’analyser les erreurs des apprenants pour mesurer et récompenser l’évolution de chacun d’entre eux – indépendamment du niveau de départ – mais également pour mieux comprendre et dès lors traiter les erreurs qui seraient spécifiques tantôt à un groupe, tantôt à un niveau, ou encore à une année particulière.
Affiliations

Citations

Loading citation...