Le centre d'internement pour inciviques de Verviers (septembre 1944-novembre 1945) : la répression des collaborations dans les cantons de l'Est

(2018) Revue Belge d’Histoire Contemporaine — Vol. XLVIII, n° 3, p. 8-36 (2018)

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La création du centre d’internement pour inciviques de Verviers en 1944 s’inscrit dans la politique de répression des collaborations au sortir de la Seconde Guerre mondiale. La ville de Verviers, prise par les Alliés comme centre de rassemble- ment des réfugiés, est dotée d’un centre d’internement mais également d’autres institutions de tri des populations arrivées en masse à la libération. De nombreux suspects transitent par le centre d’internement pour inciviques de Verviers, avant d’être rapprochés de leur lieu de domicile. Une donnée marquante est sa population, composée majoritairement d’habitants des cantons de l’Est (Eupen, Malmedy et Saint-Vith). Cela nous donne un aperçu de la répression exercée dans les territoires de l’Est de la Belgique, annexés par l’Allemagne nazie en 1940, entrainant ainsi un changement de nationalité pour la population. Cette nouvelle citoyenneté engendre l’incorporation obligatoire dans la Wehrmach1 pour les jeunes hommes. Les habitants des cantons de l’Est, devenus belges en 1920 par le Traité de Versailles, redeviennent allemands en 1940 avant de récupérer la citoyenneté belge à la libération. Les autorités, responsables de la répression qui s’ensuit, occultent ces bouleversements majeurs dans un premier temps. Les habitants des cantons de l’Est sont traités de la même manière que tous les autres Belges. Les archives du centre d’internement de Verviers sont révélatrices de cette répression intransigeante. La majorité des internés proviennent des cantons de l’Est et on retrouve beaucoup de chefs d’accusations de port d’armes contre la Belgique, de relations entretenues avec l’ennemi ou encore de dénonciations. Si la répression est dure dans un premier temps, elle va cependant s’adoucir par la suite comme dans le reste du pays, et une politique propre aux cantons est mise en place. Si la politique d’épuration a été excessive et injuste envers de nombreux individus, il ne faut pas pour autant évincer la question d’une éventuelle complicité de certains habitants des cantons avec le système nazi.
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Roberti-Lintermans, M. (2018). Le centre d’internement pour inciviques de Verviers (septembre 1944-novembre 1945) : la répression des collaborations dans les cantons de l’Est. Revue Belge d’Histoire Contemporaine, XLVIII(3), 8-36. https://hdl.handle.net/2078.5/108604 (Original work published 2018)