La crise écologique, multidimensionnelle, est de plus en plus appréhendée partir de la grammaire des droits humains. On constate un double mouvement: d'une part, un « verdissement » des droits humains et, d’autre part, une « fondamentalisation » ou une « humanisation » des préoccupations environnementales. Tout l'enjeu dans ce double mouvement réside dans la construction d'un régime de responsabilité. Il s'agit d'appeler chacune des composantes de l’Etat et de la société civile à prendre ses responsabilités et repenser le cadre dans lequel s’exerce cette responsabilité Ce défi implique de travailler sur divers tableaux : - Repenser la responsabilité des acteurs privés par rapports aux droits humains, et plus particulièrement leur responsabilité par rapport aux droits - Repenser les institutions représentatives pour qu’elles intègrent mieux les enjeux de la crise écologique et du long terme (on peut évoquer, pêle mêle : l’approfondissement de l’exigence démocratique, la création de panels délibératifs sur les enjeux de transition écologique, de panels mixtes, d’assemblées tirées au sort, la création de « commission pour l’avenir », à l’image de celle qui existe au sein du Parlement finlandais, le renforcement de la responsabilité politique des gouvernants sur les enjeux de la crise écologique, lel renforcement du contrôle par le Parlement du Gvt sur ces enjeux, le renforcement de l’information du Parlement …) - Repenser les questions d’articulation et d’équilibres entre les pouvoirs en matière climatique (renouveller la portée du principe de légalité, de la séparation des pouvoirs, notamment, en matière climatique) - Favoriser l'expérimentation démocratique et la sociodiversité des solutions, à des fins de transition écologique, de réélaboration collaborative de solutions - Protéger la mobilisation, notamment en régulant et encadrant les poursuites stratégiques contre la mobilisation publique (SLAP SUITT)
Romainville, C. (2021). Introduction générale - Environnement et droits humains. Quand la nature reprend ses droits... humains, Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/106113