Jamais auparavant, les chercheurs n'ont eu accès à autant de données. Les plateformes de stockage en ligne destinées à la recherche scientifiques universitaires, telles que l’Open Science Framework, permettent de partager gratuitement des données entre laboratoires, pays et continents. Cependant, malgré cette abondance de données, la recherche en psychologie part souvent du principe que les chercheurs (se) doivent collecter de nouvelles données pour chaque question de recherche qu'ils se posent. Ceci est frappant au vu du cout, tant humain que financier de la collecte de données en psychologie. Qui plus, cet usage unique des données est particulièrement questionnant dans domaine de la recherche en psychologie clinique, souvent péniblement financée mais requérant toutefois souvent de lourdes procédures de collecte de données auprès de patients hospitalisées pour qui la participation à la recherche n’est pas sans difficulté. Dans cette présentation, je présenterai comment l’analyse de données secondaires (ou préexistantes) peut, en partie, constituer une solution à ces difficultés. Après une introduction des enjeux de la réutilisation de données en recherche, je présenterai comment des pratiques de sciences ouvertes et transparence, telles que le pré-enregistrement d’une ré- analyse de données préexistantes, permet de faciliter l’implémentation d’une telle démarche. Des exemples issus de travaux récents réalisés au sein de mon équipe permettront d’illustrer le propos. Enfin, je conclurai en discutant des écueils et des possibles risques de dérive de cette démarche et tenterai d’offrir quelques pistes de moyens par lesquels les domaines de recherche et les institutions scientifiques pourraient s’y prémunir.
Heeren, A. (2022). Re-utiliser dans un monde de sur-abondance: vers une ré-utilisation transparente des données en psychologie (clinique) ! Colloque GREPACO 2022, Lausanne, Switzerland. https://hdl.handle.net/2078.5/105618