Les années 1980 ont été marquées par différentes réactions à l’égard de la sociologie critique de Pierre Bourdieu qui ont conduit une fraction représentative des sociologues de l’éducation française à prendre distance à l’égard de son paradigme. Leurs réactions ont contribué au renforcement de la sociologie de l’éducation comme une sociologie de l’école, ainsi qu’à des modes explicatifs quelque peu tautologiques des phénomènes scolaires. Ma présentation vise dans un premier temps à analyser les grands apports de la sociologie de l’éducation de Bernard Lahire par rapport à cette impasse de cette spécialité disciplinaire. En partant de mes propres recherches, j’analyserai la contribution de l’anthropologie de l’interdépendance de Bernard Lahire à la sociologie de l’éducation au sens large du terme. Deuxièmement, les classes sociales et les rapports sociaux de classe ont occupé une place décisive dans la sociologie de l’éducation de Pierre Bourdieu. J’analyserai dans le second temps de mon exposé la place qui est réservée à une analyse en termes de classes sociales au sein du travail de Bernard Lahire et c’est sur ce plan que je soulignerai ce qui constitue à mon sens quelques limites de son travail.
André, G. (2012). Interdépendances et classes sociales dans la sociologie de l’éducation de Bernard Lahire, Monde pluriel et monde commun. Journée de travail autour de et avec Bernard Lahire, ULB, Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/104654