En 2018, la Région bruxelloise a lancé, à travers son programme de recherche Innoviris-Anticipate, un appel à projet intitulé « Populations cachées et politiques inclusives, comment rendre l’invisible visible ? ». Celui-ci souligne, entre autres, un besoin d’obtenir des données représentatives sur les populations et les groupes dits « cachés ». De cette manière, la Région désire approfondir sa connaissance concernant la population présente sur son territoire. Cette demande s’inscrit dans un double contexte socio-économique et politique, qui renforce le phénomène d’invisibilisation d’une part de la population. D’abord, celui d’une précarité grandissante. Ensuite, celui d’un accroissement des identités mouvantes et du désencrage territorial des individus dans un contexte de mondialisation. L’objectif de la proposition est d’éclairer le phénomène d’invisibilisation d’une partie de la population absente des registres. Ces disparitions s’inscrivent dans un contexte, celui de la métropolisation de Bruxelles et de la dissolution de ses limites administratives. La proposition prend appui sur une recherche en cours, intitulée MEASINB (Measuring Invisibility in Brussels). La recherche approche le phénomène de radiation sous l’angle du registre national et des parcours vécus des individus.
Pierre, A. (2021). Les absents du registre national belge. Absence(s), de l’invisible à l’impensé, Institut de Géographie, Paris. https://hdl.handle.net/2078.5/102287