(fr) En Belgique francophone, les discours éducatifs considèrent le plus souvent les enfants dits migrants, primo-arrivants, allophones, a priori comme en difficulté, présentant des lacunes (notamment en français comme langue de l'école et de construction des savoirs). Pour mieux reconnaitre et valoriser l'altérité de ces enfants, cette thèse compare ce qui est dit / fait dans deux « Dispositifs d’accueil et de scolarisation des élèves primo-arrivants » (DASPA) de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec ce qui est dit / fait dans deux autres situations scolaires perçues comme plus privilégiées mais dans lesquelles des enfants doivent eux aussi apprendre une nouvelle langue de l’école. Plutôt que de considérer de telles situations comme incomparables, nous essayons de les comprendre les unes à travers les autres : en imaginant ce qui pourrait être mis en œuvre à l’école, en classe de langue, si le discours d’une situation scolaires A était traduit par des pratiques dans une situation scolaire B, et inversement. Par ailleurs, nous interrogeons l’évidence de la bienveillance dans ces situations scolaires. La compréhension de la situation DASPA à travers des discours qui ne lui sont pas destinés interroge le regard déficitaire usuellement porté sur ses apprenants, en jouant sur la variété des intentions des discours. Cette thèse conclut sur la proposition de considérer des dispositifs tels que les DASPA comme des formateurs du monde de l’école pour partager l’expérience de l’altérité linguistique et culturelle entre tous les usagers de l’école et entre écoles – plutôt que de pointer du doigt, en les réifiant, les différences linguistiques et culturelles des apprenants.
Alais, M. (2022). Reconnaissances de l’altérité linguistique et culturelle dans différentes situations scolaires d’allophonie : discours et usages didactiques. https://hdl.handle.net/2078.5/102015