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- Dans l’imaginaire collectif, l’évocation de la police de Napoléon renvoie le plus souvent à la figure de Fouché, mais aussi à celle de Vidocq et, dans une moindre mesure, à celle des Savary, Desmarets, Schulmeister, etc. Depuis le 19e siècle, la figure du policier espion au service d’un ministère tout-puissant et ubiquitaire n’a cessé de dominer les représentations de la police du Premier Empire. Cette légende noire a été véhiculée depuis les années qui ont suivi la chute du régime napoléonien jusqu’à nos jours par les écrits de ceux qui en ont été les acteurs , ou bien de romanciers – à l’instar d’Honoré de Balzac – friands des intrigues qui naissent à l’évocation de ces personnages sulfureux. Depuis une dizaine d’années, cette image surplombante de la police napoléonienne a été largement remise en question par les historiens . Jean-Marc Berlière a ainsi mis en évidence que le modèle policier napoléonien – une police centralisée et politique – était en réalité une construction des réformateurs de la police anglaise au début du 19e siècle . Les recherches récentes, dont la Belgique a servi de terrain d’étude fécond , ont mis en évidence la complexité et l’indétermination de l’édifice policier napoléonien. La police napoléonienne n’est plus perçue désormais comme une bloc uniforme et immuable. Tout au long du régime, elle s’adapte aux terrains, aux hommes et à des objectifs différents selon les moments et ne peut être réduite à une seule et unique institution qui émanerait du pouvoir centrale parisien. Il convient davantage de parler de polices – au pluriel – tant les forces concourant au maintien du régime, à la sécurité des personnes et à l’administration du territoire sont diverses et tant la police du Grand Empire n’est plus celle du Consulat.
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Citations
Renglet, A. (2023). Mythes et réalités de la police napoléonienne. Le cas des villes des départements belges. Revue de l’Association belge d’histoire napoléonienne, 187(3e trimestre), 1-6. https://hdl.handle.net/2078.5/100332 (Original work published 2023)

