Le risque d'acquisition du virus HIV après accident d'exposition au sang est de l'ordre de 0,3%. L'administration de médications antirétrovirales après une exposition accidentelle au virus de l'immunodéficience humaine (VIH) permet de réduire le risque de séroconversion de plus ou moins 80%. Après évaluation du risque de contamination, on proposera à la victime, soit une abstention thérapeutique, soit une bi- ou une tri-thérapie en fonction de l'importance du risque de transmission et en tenant compte de la toxicité potentielle d'une chimioprophylaxie. Le traitement doit être initié après les premiers soins de désinfection et le plus rapidement possible (idéalement dans les deux heures). Il sera poursuivi durant quatre semaines et accompagné d'un suivi biologique régulier. Des contrôles sérologiques de la victime devront être régulièrement effectués jusqu'au 6e mois et 12e mois en cas de coinfection par le virus de l'hépatite C (HCV). Cette période débute après l'accident ou après la fin de la chimioprophylaxie. Une attention particulière sera apportée à la détection d'éventuels symptômes de primo-infection (fièvre, rash, myalgie, fatigue, adénopathies) bien que ceux-ci ne soient en rien des symptômes spécifiques. En dépit des possibilités de chimioprophylaxie, la prévention des accidents de travail doit rester une priorité indiscutable.
Yombi, J. C., Gala, J.-L., Goubau, P., Kabamba-Mukadi, B., & Vandercam, B. (2004). Prophylaxie de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en cas d’accident de travail. Louvain médical, 123(6), 88-98. https://hdl.handle.net/2078.5/211200 (Original work published 2004)