La présente communication se propose de mettre en regard la dimension politique et morale de la barbarie telle qu’elle est traitée dans l’oeuvre du poète argentin Juan Gelman, et la conception du langage qui y est à l’oeuvre. Cette dernière est empreinte d’une vision de la langue comme forme jaillissante en tension entre idiome des origines (fascination du poète pour le langage enfantin) et « annonciation » d’un monde toujours à venir, dont l’expression est à inventer. C’est l’analyse des principaux barbarismes (cf. définition du TLF partiellement citée ci-dessous) présents dans les recueils qui nous permettra de spécifier quelques étapes déterminantes dans l’évolution de cette tension au sein du travail poétique de Gelman. Nous nous arrêterons donc plus spécialement sur : Cólera Buey (1965-1971), Notas (1980), Anunciaciones (1988) y Mundar (2007).
Fabry, G. (2012). Barbarie et barbarismes dans l’oeuvre de Juan Gelman. In Norah Giraldi-Dei Cas, Fatiha Idmhand, Cathy Fourez (dir.) (ed.), Lieux et figures de la barbarie (p. p. 471-483). Peter Lang. https://hdl.handle.net/2078.5/153385