Autant un référent spirituel comme opérateur de déformalisation crée-t-il une ambivalence qui peut être le lieu de formes nouvelles de dialogue, y compris de co-construction normative, autant peut-il aussi entraîner un risque de déstructuration et d’anomisation. En déstabilisant le rapport aux normes, sans être assuré d’une quelconque performativité reconstructrice, le référent spirituel pourrait être relu en syntonie avec ce mouvement historique dont témoigne celui-là même du management contemporain : un régime permanent de l’exception (dans le langage juridique) – ou du miraculeux (dans le langage religieux).
Christians, L.-L. (2023). Éthique et spiritualité en entreprise : quand droit et religion se déformalisent. In Louis-Léon Christians, Raphaël Mathieu Legault-Laberge, Walter Lesch et Pierre C. Noël (ed.), La responsabilité sociale des entreprises à l’égard des cultures, des religions et des convictions (1 ed., p. p. 193-205). Presses universitaires de Louvain. https://hdl.handle.net/2078.5/233654