La détestable liberté d’expression de Fouad Belkacem devant les Hautes juridictions – Deux constructions jurisprudentielles pour la lui refuser

(2018) Revue trimestrielle des droits de l’homme — n° 115, p. 729-759 (2018)

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ENGLISH BELOW Cette contribution commente deux décisions rendues contre le prêcheur salaiste Fouad Belkacem. Celui-ci contestait sa condamnation en Belgique pour incitation à la haine et à la discrimination, que lui avaient value des vidéos de propagande agressives postées sur You- Tube. La première de ces décisions a permis à la Cour de cassation belge de préciser les limites du régime procédural de la liberté de presse en Belgique (art. 150 de la Constitution belge) – pour en exclure les vidéos de Fouad Belkacem. La seconde a vu la Cour européenne des droits de l’homme conirmer, par décision d’irrecevabilité, que les discours de haine se voyaient soustraits de la protection de la liberté d’expression par l’efet direct de l’interdiction de l’abus de droit (art. 17 de la Convention) – pour exclure pareillement de son contrôle les propos de Fouad Belkacem. Le présent commentaire fait le point sur les deux constructions jurisprudentielles utilisées dans ces décisions. Il en critique les impasses pratiques et conceptuelles, et leur propose des alternatives. This contribution comments two decisions pronounced against the salaist preacher Fouad Belkacem. Belkacem had been convicted in Belgium for incitment to hatred after the posting of aggressive propaganda on Youtube. Twice he challenged his condemnation invoking his fundamental rights (respectively the freedom of the press protected by article 150 of the Belgian Constitution and the freedom of speech granted by article 10 of the European Convention of Human Rights) ; twice his claims were rejected by the High Jurisdictions. In the irst decision commented below, the Belgian Court of cassation based its ruling on its restrictive interpretation of the Belgian constitutional notion of « press », which excludes video contents. In the second decision, the European Court of Human Rights discarded Belkacem’s claims under article 10 of the Convention at the admissibility stage, specifying that article 17 (prohibition of the abuse of rights) excluded all hate speech from the scope of the Convention. This paper analyses both judicial doctrines used against Fouad Belkacem. It criticizes their conceptual and practical deadlocks and suggests alternative interpretations.
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Triaille, L. (2018). La détestable liberté d’expression de Fouad Belkacem devant les Hautes juridictions – Deux constructions jurisprudentielles pour la lui refuser. Revue trimestrielle des droits de l’homme, 115, 729-759. https://hdl.handle.net/2078.5/23077 (Original work published 2018)