(2002) Public et privé : éducation et formation dans les pays du Sud — Location: Strasbourg, France
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Charlier, Jean-EmileFUCaM
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(fr) La redéfinition restrictive du rôle de l'Etat imposée aux pays du Sud par les prescripteurs internationaux a donné naissance, au Sénégal comme ailleurs en Afrique, à la stratégie du «faire-faire», qui investit des opérateurs nongouvernementaux des tâches de conception et de mise en ?uvre de programmes d'éducation ou de formation, dans une approche décentralisée qui est censée rendre pleinement responsables les acteurs de la base. Une multitude d'opérateurs (ONG, acteurs économiques ou religieux, etc.), reconnus ou admis par les autorités, prennent dès lors en charge des parties, plus ou moins significatives, de ce qui apparaît de moins en moins comme un «système éducatif», en ce sens que leurs programmes ne sont pas coordonnés, que des passerelles n'ont pas été établies entre leurs diverses initiatives, que des équivalents généraux ne permettent pas de se repérer dans ce qui apparaît comme un foisonnement de projets autonomes. Cette communication est basée sur des recherches effectuées pour la Coopération Universitaire au Développement (C.U.D.) dans les pays d'Afrique francophone de l'Ouest pour y identifier les effets de la décentralisation de la décision dans les systèmes éducatifs. Plus spécifiquement, elle veut exploiter une enquête par interviews réalisée au Sénégal dans les langues locales auprès d'une centaine de leaders religieux, économiques, culturels et sociaux sur les missions essentielles que l'école doit remplir. Ces interviews mettent en évidence la coexistence d'une large variété de définitions difficilement compatibles de l'école, dont chacune trouve sa légitimité par son inscription dans un univers cohérent de références. L'école formelle (dans ses diverses déclinaisons) se valorise par son universalité et son professionnalisme, ce qui lui permet de disqualifier les initiatives informelles. Celles-ci mettent en avant leur efficacité pragmatique, leur proximité avec les préoccupations concrètes des populations. Des tensions internes se manifestent encore à l'intérieur de chaque univers. Dans l'enseignement formel, elles opposent principalement les arguments de ceux qui défendent l'initiative privée à ceux qui considèrent que l'éducation doit rester aux mains des pouvoirs publics. Dans l'informel, elles opposent les partisans d'une socialisation principalement religieuse aux promoteurs de dispositifs visant l'insertion professionnelle. Enfin, la définition de la frontière entre le formel et l'informel apparaît particulièrement ambiguë. Au-delà de la description de ces tensions, la communication veut mettre en évidence la façon dont chaque "cité" s'accommode de sa coexistence avec d'autres cités, ou encore la manière dont les propos intransigeants parviennent à se couler dans un discours de l'intégration possible des diverses modalités d'enseignement. L'enjeu ne semble paradoxalement pas être la disparition de "l'école française", pourtant très abondamment critiquée. Il est bien davantage l'aménagement de ses contenus et de ses méthodes. C'est sur la base de cet accord implicite et à l'intérieur de celui-ci que tous les partenaires opèrent leurs dénonciations qui sont autant de propositions.
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FUCaMSciences Politiques, Sociales et de Communication
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Charlier, J.-E. (2002). Les recompostions du sens de l’école au Sénégal. Public et privé : éducation et formation dans les pays du Sud, Strasbourg, France. https://hdl.handle.net/2078.5/210921