Les progrès réalisés dans les traitements des lymphomes agressifs au cours des 25 dernières années se résument de la façon suivant : <BR> Dès la fin des années 70, le traitement de cette maladie, autrefois inéluctablement fatale, connaissait ses premiers succès et le CHOP devenait la chimiothérapie de référence. Il permettait de guérir 30% des malades. De nombreuses équipes de recherches n’ont pas accepté de résultats aussi médiocres et plus tard, ne se sont pas résignés devant les progrès trop modestes obtenus par des modifications de la chimiothérapie de référence. Par l’augmentation importante de la dose intensité, l’ACVB apporte peut-être des résultats supérieurs au CHOP. Ces résultats ont été réalisés dans le cadre du groupe multicentrique GELA né de la réunion de très nombreux centres français et belges. Ainsi l’espoir de guérir lorsque l’on est atteint d’un lymphome agressif est actuellement de 50% ; ces résultats, même s’ils sont en progrès, doivent être améliorés. Les stratégies pour augmenter les taux de réponse et allonger la survie des malades ont été ou sont les suivantes : <BR> 1. L’alternance de la chimiothérapie « non cross résistant » selon les théories de Goldie Coltman n’a pas apporté de progrès. 2. chez les malades en rechute, la chimiothérapie à haute dose est supérieure au traitement conventionnel. 3. la chimiothérapie intensive associée à la greffe de cellules souches hématopoïétiques autologue administrée chez des malades en réponse complète n’est utile que chez des malades de très mauvais pronostic. 4. un apport thérapeutique très différent incluant le traitement intensif suivi d’autogreffe dans la première étape du traitement, est actuellement testé. Les problèmes qui restent en suspens concernent la contamination des cellules souches hématopoïétiques et l’immunité post-greffe. Enfin, la leçon principale qu’il faut retenir de 25 années de progrès dans le traitement des lymphomes est que cette évolution positive a été obtenue grâce au travail en collaboration très étroite de nombreux centres dont les recherches ont progressivement et patiemment améliorés les résultats. Les questions posées actuellement sont les suivant : - l’ACVB est-il supérieur au CHOP en général et particulièrement chez les malades âgés ? – la consolidation renforcée est-elle supérieure à la consolidation séquentielle ? - quelle est la place de la radiothérapie dans les stades localisés ? – peut-on intensifier l’induction et obtenir un taux plus élevé de rémission complète ? – la double intensification permettrait-elle d’améliorer le pronostic ? – quelle est la meilleure stratégie pour les rechutes ? – comment réaliser une immunothérapie efficace ?
Bosly, A. (1996). Progrès thérapeutiques dans les lymphomes non hodgkiniens agressifs (diffus à grandes cellules). https://hdl.handle.net/2078.5/111373