Dès l’origine, le développement de l’Etat social constitue un dispositif de gestion des risques. Par delà la diversité et les variations des justifications philantropiques, sécuritaires, politiques ou morales, il s’agit bien de répondre aux risques liés à la question sociale posée par le développement de la société industrielle. Avec l’émergence contemporaine du référentiel de l’Etat social actif, et la mise en œuvre des mesures et dispositifs qui le concrétisent, on assiste à une nouvelle déclinaison du paradigme de gestion des risques. A la figure du travailleur protégé par son inscription dans des régulations collectives tend à se superposer, et parfois à se substituer, celle de l’individu entrepreneur de soi, incité, et parfois contraint, à faire face des risques auxquels l’expose son inadaptation.
Franssen, A. (2008). Etat social actif : une nouvelle grammaire des risques sociaux. In Cartuyvels Yves (Dir) (ed.), Les ambivalences du risque : regards croisés en sciences sociales (p. p. 113-148). Publications des Facultés Universitaires Saint Louis Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/179981