L’archéologie et l’histoire de l’art étudient les objets en tant que témoignages d’une civilisation, d’une culture. Mais qu’advient-il lorsque ces objets eux-mêmes n’existent plus ? Plus particulièrement, comment l’historien de l’architecture peut-il étudier des bâtiments complètement démolis, devenus fantômes ? Pour tenter de documenter la matérialité de ces édifices disparus, le chercheur doit se mettre en quête d’indices supplémentaires, en puisant dans les sources textuelles et iconographiques qui pourraient paraître a priori comme secondaires. Après avoir défini le concept d’« architecture-fantôme », cet article propose une réflexion méthodologique au travers d’un cas concret, celui des couvents construits par et pour les annonciades célestes aux XVIIe et XVIIIe siècles.