Catégorie descriptive, le care désigne l’action de se préoccuper des besoins d’autrui et d’y répondre à travers des pratiques concrètes comme l’aide, le soutien ou le soin. Il embrasse aussi l’ensemble des compétences nécessaires à l’exécution de ces pratiques. Des notions plus immatérielles telles que l’attention, la sollicitude ou la responsabilité contribuent également à le décrire. Au sens large, il englobe toutes les activités qui permettent au vivant d’être produit, réparé et préservé. Concept politique, le care dépasse la sphère privée et concerne l’organisation de toute la société ainsi que les choix institutionnels qui déterminent qui prend soin et avec quelles ressources. Il est appréhendé comme travail de la reproduction sociale à l’intersection des rapports sociaux inégalitaires de sexe, de classe, de Race et effectué au sein de structures (famille, entreprises) qui contribuent à aliéner celles et ceux qui l’effectuent. 3. Le care est certes un travail mais pas uniquement. Concept éthique, il se reflète dans l’idée que l’interconnexion humaine est ce qui nous rend capable (et doit nous contraindre) de prendre en charge la réponse à des besoins empiriques, psychologiques et moraux considérés comme universels et permanents. Dans cette perspective, le care est mobilisé pour questionner de façon critique la place que les sociétés - et plus précisément les gouvernements, accordent à la reconnaissance des vulnérabilités sociales et des interdépendances mutuelles. Il opère alors comme compas moral ou futur désirable qui priorise le maintien et la reproduction de la vie pour elle-même.
Degavre, F. (2026). Le care. In D. Bernard, G. De Pascale, M.-S. Devresse, M. Gérardin-Laverge, J. Pieret (eds) (ed.), Les mots du genre : concepts, usages et débats contemporains. PUL. https://hdl.handle.net/2078.5/271129