La fabrique de la réputation en politique: approche longitudinale et processuelle des procédés rhétoriques mis en oeuvre sur différents dispositifs numériques.

(2017) 85ème congrès de l’ACFAS - Colloque 313 “Rhétorique et relations publiques: perspectives théoriques et empiriques” — Location: Université McGill, Montréal (8.May.2017)

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Cette proposition de communication s’inscrit dans l’axe 3 de l’appel à communication. Elle s’intéresse aux procédés de personnalisation du discours politique tel qu’il se déploie sur différents dispositifs numériques. Ce faisant, elle s’inscrit dans un travail longitudinal débuté en 2010 sur l’usage des dispositifs socionumériques Twitter et Facebook comme outil de communication politique, qui s’est intéressé notamment aux procédés rhétoriques de mise en scène de soi de candidats à l’élection européenne (Auteur, 2015). L’approche rhétorique de la recherche nous amène ici à poursuivre cette réflexion en nous arrêtant sur les stratégies de présentation de soi (Amossy, 2010), « sinon de production de soi » (Le Bart, 1998), de trois députés européens qui se présentent à l’élection présidentielle française de mai 2017 (Yannick Jadot, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon). Pour ce faire, nous intégrons à l’analyse des discours produits sur les dispositifs Twitter et Facebook ceux produits sur les sites internet des candidats. Le corpus est ainsi constitué de données hétérogènes (Mayaffre, 2005), puisque aux tweets (Longhi, 2013) recueillis automatiquement et systématiquement depuis octobre 2013 (période de campagne en vue des élections européennes de mai 2014) viennent s’ajouter l’observation de l’utilisation de la page Facebook et l’analyse du site internet élaboré spécifiquement pour la campagne présidentielle. Nous arrêterons le corpus à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle (23 avril 2017). Ces dispositifs articulent et entrelacent productions éditoriales et picturales. Ces dernières sont donc prises en compte en cela qu’elles participent pleinement à la fabrique du discours politique (Delporte, 2008, 2001). L’analyse des données recueillies est ainsi attentive aux différentes formes du discours ; ce qui justifie le choix d’une analyse discursive de nature qualitative et contextualisée (Charaudeau, 2006, 2007). Elle est éclairée par la restitution d’une participation observante (Soulé, 2007) au Parlement européen entre 2009 et 2012 qui succède à une activité professionnelle dans le secteur de la politique européenne (2004-2009). La démarche peut ainsi évoquée celle de Wodak (2011), qui permet de prendre en compte les aspects extra-discursifs pour mieux comprendre les aspects discursifs (Kaciaf, 2010). L’objectif poursuivi est triple : (1) identifier les procédés rhétoriques de personnalisation dans le discours politique (Donot & Emediato, 2015) des trois acteurs politiques étudiés ; (2) montrer dans quelle mesure les procédés rhétoriques s’adaptent d’une part aux dispositifs sociotechniques d’information et de communication (Appel et al., 2010) sur lesquels ils se déploient, et d’autre part aux séquences politiques spécifiques (période de campagne électorale / quotidien parlementaire) lors desquelles ils sont développés (Lefebvre, 2014) et finalement tenter de (3) comprendre comment ceux-ci sont mobilisés en vue de convaincre et engager différents types de publics. Ces éléments permettent d’éclairer la construction de l’image publique (Turbide, 2015) mais aussi le travail réputationnel des acteurs politiques dans une approche processuelle qui s’intéresse à la fabrique de la réputation. Ce faisant, il nous semble que notre approche peut contribuer à mieux comprendre les procédés rhétoriques des acteurs politiques dans la gestion des relations publiques, et plus précisément des relations aux publics (Libaert & Catellani, 2014).
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Citations

Roginsky, S. (2017). La fabrique de la réputation en politique: approche longitudinale et processuelle des procédés rhétoriques mis en oeuvre sur différents dispositifs numériques. 85ème congrès de l’ACFAS - Colloque 313 “Rhétorique et relations publiques: perspectives théoriques et empiriques”, Université McGill, Montréal. https://hdl.handle.net/2078.5/177704