Après avoir situé la démarche spécifique d’une « éthique interculturelle », cet article tente d’esquisser une alternative entre d’un côté, une approche sous-tendue par un postulat général de symétrisation des expériences culturelles, postulat partagé largement par les théories constructivistes et pragmatistes de l’échange social et d’un autre côté, une approche basée sur la prise en compte de l’asymétrie des situations culturelles concrètes dans un monde hégémonique. Selon ce deuxième type d’approche, l’éthique interculturelle ne peut aboutir qu’en prenant la forme rationnelle d’une « éthique décoloniale ». Cette option et ses présupposés épistémologiques sont alors analysés à travers l’opposition entre colonialité et décolonialité du savoir tel qu’on peut la construire avec le poète antillais Édouard Glissant et chez le philosophe portoricain Nelson Maldonado Torrès. Ensuite, le geste de l’engagement intellectuel dans une pensée « autre » et désidéalisante est élaboré systématiquement grâce au parcours original du philosophe argentin Enrique Dussel proposé comme fondement pour une « éthique décoloniale ».
Maesschalck, M. (2016). Contre le postulat de symétrie. Éthique décoloniale et subjectivation. In Claudio Cicotti et Sibilla Cuoghi (dirs.) (ed.), La rencontre avec l’autre. Phénoménologie interculturelle dans l’Europe contemopraine. (p. p. 45-73). P.I.E Peter Lang. https://hdl.handle.net/2078.5/223141