La consommation de tabac est la principale cause de décès prématuré. Responsable de plus de deux millions de morts par an dans les pays industrialisés, elle devance ainsi, parmi les cause de mort prévisible, les facteurs alimentaires, l’alcool, les agents infectieux et toxiques, les armes à feu et les accidents de la route. La majorité des décès liés à cette consommation est d’origine cardio-vasculaire, suivie des affections néoplasiques en particulier le cancer du poumon. La fumée de tabac est aussi responsable d’affections diverses non néoplasiques tells que la bronchite chronique, l’emphysème ou l’asthme. Si l’on se base sur l’évolution du tabagisme, 30 à 40% des deux à trois milliards d’enfants et d’adolescents recensés dans le monde de 1990 à 1991 deviendront fumeurs. Malgré les informations sur les dangers du tabac pour la santé, l’éducation sanitaire, les interdictions légales et réglementaires, le tabagisme ne régresse que très lentement. Si l’on veut lutter efficacement contre le tabagisme, il faut tenter d’ne prévenir son initiation et, pour les fumeurs, développer des moyens d’aider efficaces à l’arrêt du tabac grâce à la connaissance des mécanismes d’action et de dépendance du tabac. On comprend l’importance de l’étude des différents composants de la fumée de tabac parmi lesquels des carcinogènes (N-dinitrométhylamines), des irritants ou des toxiques ‘monoxyde de carbone, ammoniac, acroléine, acétone). La nicotine est le seul alcaloïde du tabac pour lequel la dépendance à été clairement établie. La fumée de tabac se répartir en trois courants : <BR> - Le courant primaire ou principal (mainstream), produit pas l’aspiration du fumeur, est riche en oxygène (16%) et entraîne la combustion complète du tabac à plus de 800°C. La fumée traverse la cigarette et est absorbée principalement par les alvéoles pulmonaires chez les inhalateurs et par les muqueuse de l’oropharynx chez les fumeurs qui n’inhalent pas. La taille des particules en suspension est de 0.1 à 1.0 µm. <BR> - Le courant secondaire ou latéral (sidestrem) est constitué par la fumée dégagée par la cigarette qui se consume entre les bouffées. Cette fumée est générée à une température moins élevée que celle du courant primaire, de l’ordre de 600°C , et est moins riche en oxygène (2%) que le courant principal. La courant latéral est rapidement dilué dans l’air avec pour effet un glissement vers des valeurs plus faibles de la distribution en taille des particules (0.01 à 1.0 µm). <BR> - Le courant tertiaire est représenté par la fumée exhalée par le fumeur. Sa composition est encore peu connue. Dans le tabagisme actif, le sujet est exposé aux trois courants, dans le tabagismes passif, il l’est au courants secondaire et tertiaire. <BR> les différences de température de combustion, de concentration en oxygène et de dilution dans l’air expliquent les variations de composition entre les courants principal et latéral. Le courant latéral contient, par exemple, plus d’ammoniac, de bases organiques et moins d’acides et de cyanure d’hydrogène, d’où son pH plus alcalin. En dépit des différences quantitatives, ces courants issus du même processus de combustion du tabac ont une composition chimique très proche, répartie en deux phases, la phase particulaire et la phase gazeuse. Les caractéristiques physiques et chimiques de ces courants ont été établies à partir de machines à fumer, qui permettent un contrôle du volume, de la fréquence et de la durée de chaque bouffée, de la dimension du mégot et une séparation des phases particulaire et gazeuse. <BR> L’exposition active ou passive à la fumée de tabac a des effets nocifs sur la santé en fonction de la dose et de la durée. Dans le cas du cancer bronchique, doubler la durée multiplie le risque par 20, doubler la quantité le multiplie par deux. Le degré d’exposition active et passive à la fumée de tabac varie en fonction de nombreux facteurs liés à chaque sujet et à son environnement. Certains de ces facteurs peuvent être déterminés par questionnaire comme le nombre et le type de cigarettes fumées, l’inhalation de la fumée, le nombre de fumeurs dans l’entourage, la proximité de ces fumeurs, le nombre d’heures d’exposition ; d’autres sont moins contrôlables, fréquence des bouffées, volume de chaque bouffé, profondeur de l’inhalation, efficacité de la ventilation des locaux enfumés. <BR> l’estimation par questionnaire, qui est la méthode la moins onéreuse, le plus facile et la plus largement utilisée, peut être imprécise et manquer de fiabilité. Afin de vérifier l’exactitude des habitudes tabagiques du fumeur actif ou passif, on a proposé différents marqueurs biologiques. Des composants de la fumée de tabac, résorbés et métabolisés dans l’organisme, peuvent être détectés dans les milieux biologiques. Parmi les marqueurs couramment utilisés, certains sont non spécifiques : le monoxyde de carbone, la carboxyhémoglobine et les thiocyanates ; d’autres sont spécifiques : la nicotine et son principal métabolite la cotinine. <BR> Les objectifs de ce travail sont l’évaluation des marqueurs biologiques de l’exposition active et passive à la fumée de tabac, la détermination de certains facteurs associés à la consommation tabagique, l’amélioration de la détection de ces marqueurs par un nouvel apport technologiques
Affiliations
UCLouvainMD/MIGE/MEXP - Unité de médecine expérimentale
Citations
APA
Chicago
FWB
Galanti, L. (1999). Les marqueurs biologiques de l’exposition à la fumée de tabac : méthodologie et applications cliniques. https://hdl.handle.net/2078.5/111042